2018 FIA Karting Best-Of: Jarno Trulli: passion intact, greater wisdom

24.01.2019

Now retired from Formula 1, Jarno Trulli takes a very lucid look at today's karting, especially as his young son Enzo was racing internationally in 2018 in the OK-Junior category. According to the Italian, everything is now much faster, compared to when he grew up. More than ever, a young Driver must have qualities other than speed and talent. He must also have a clear head!

When your car career ended, were you thinking of passing the baton to your two sons?

Not at all. I was not particularly in favour of them starting Karting. One of my friends took his son to the rental kart track and offered to take my two children. Marco, the youngest, told me he had fun, but he did not want to race. For Enzo, I felt that it had been different, that he had really loved it. It was my father who was quick to buy him a kart. However, we took the time to set up a Mini racing programme last year.

During Competitions, have you found your place at his side?

In the beginning, my priority was to see him enjoying himself in a family team, with my father and a friend who took care of me in my go-kart in the 80s and 90s. We managed our own equipment, and had a great time together. It was only in 2018, when he was in OK-Junior, that I thought it would be better for him to join a well-structured team like CRG. Nevertheless, I stay by his side to help him as much as possible. We have a very good relationship and he understands that I always push him to excel.

How do you rate his performances?

I regret that he didn't race more when he was younger. He has already won races, the Trofeo Margutti and a round of the German Championship, every time it was at the circuit of Lonato that he knows very well. The European Championship on other tracks has been more difficult. He is still young and lacks experience. I admit that I had doubts before he moved to Junior, but a year later, I am very impressed with his progress.

Is it possible to compare your beginnings in Karting, more than 30 years ago, with those of Enzo?

No, it's totally different. In my day, the idea of enjoyment was more important. Today, we expect a lot of seriousness and a lot of work from 13-year-olds. They need to acquire a professional approach to make a difference because the gaps are tiny. Becoming a champion nowadays requires effort, investment and a strong mind. Speed ​​is important, but early maturity is essential.

Do you think about yours and Enzo's future already?

No, I do not want to imagine what will happen in three or five years. For my part, my career is behind me. Regarding Enzo, firstly I want him to have fun and to get results. We'll see after that…

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Jarno Trulli: la passion intacte, la sagesse en plus

Désormais retraité de la Formule 1, Jarno Trulli porte un regard très lucide sur le Karting actuel, surtout depuis que son jeune fils Enzo s’est impliqué au niveau international en 2018 dans la catégorie OK-Junior. Selon l’Italien, tout va désormais beaucoup plus vite, en comparaison avec l’époque durant laquelle il a grandi. Plus que jamais, un jeune Pilote doit posséder d’autres qualités que la vitesse et le talent. Il doit aussi avoir une tête “bien faite” !

Quand votre carrière en automobile s’est arrêtée, pensiez-vous déjà à passer le témoin à vos deux fils?

Non, pas du tout. Je n’étais pas spécialement favorable à l’idée de les voir débuter en karting. C’est l’un de mes amis qui a emmené son fils faire du kart de location et qui m’a proposé de venir avec mes deux enfants. Marco, le plus jeune, m’a dit qu’il s’était bien amusé, mais qu’il n’avait pas envie de pratiquer ce sport en compétition. Pour Enzo, j’ai senti que cela avait été différent, qu’il avait vraiment aimé. C’est mon père qui s’est empressé de lui acheter un kart. Nous avons cependant pris le temps pour mettre en place un programme de courses en Mini l’an dernier.

Lors des compétitions, avez-vous réussi à trouver votre place à ses côtés ?

Au début, ma priorité était de le voir prendre du plaisir au sein d’une structure familiale, avec mon père et un ami qui s’occupait déjà de mon assistance en kart dans les années 80-90. On gérait nous-mêmes de la mécanique, on a passé de très bons moments ensemble. Ce n’est qu’en 2018, lors de son passage en OK-Junior, que j’ai pensé qu’il serait mieux de l’intégrer à un team bien structuré comme CRG. Je reste néanmoins à ses côtés pour l’aider au maximum. Nous avons de très bonnes relations et il comprend que je le pousse toujours à se dépasser.

Comment jugez-vous ses performances?

Je regrette de ne pas l’avoir pas fait rouler davantage lorsqu’il était plus jeune. Il a déjà gagné des courses, le Trofeo Margutti et une manche du Championnat d’Allemagne, mais c’était à chaque fois sur le circuit de Lonato qu’il connaît très bien. Le Championnat d’Europe disputé sur d’autres pistes a été plus difficile. Il est encore jeune et manque d’expérience. J’avoue que j’avais des doutes avant son passage en Junior, mais un an plus tard, je suis très impressionné de sa progression. 

Est-il possible de comparer vos débuts en Karting, il y a plus de 30 ans, avec ceux d’Enzo?

Non, c’est totalement différent. À mon époque, la notion de plaisir était plus importante. Aujourd’hui, on attend beaucoup de sérieux et beaucoup de travail de la part de jeunes de 13 ans. Il leur faut acquérir une démarche professionnelle pour faire la différence, car les écarts sont infimes. Devenir un champion demande de nos jours des efforts, de l’investissement et un gros mental. La rapidité est importante, mais une maturité précoce est indispensable.

Pensez-vous déjà au futur d’Enzo et au vôtre ?

Non, je ne souhaite pas imaginer déjà ce qui va se passer dans 3 ou 5 ans. Pour ma part, ma carrière est derrière moi. Concernant Enzo, je veux d’abord qu’il prenne du plaisir et qu’il obtienne des résultats. Après, on verra…

© Photo CIK-FIA KSP