Edgardo Rossi "At the finish, I did not know I was World Champion!"

27.07.2018

The Kart Grand Prix of Italy at Lonato, the venue for the final Competition of the FIA Karting European Championship – KZ / KZ2, as well as the second of the three FIA Karting Academy Trophy Competitions, had the immense honour to receive a visit from Edgardo Rossi. For several years, the Swiss Driver wrote some of the most beautiful pages in the history of Karting. He reached the heights by becoming World Champion in 1967 at a time when the title was decided over three meetings. At Lonato, Edgardo Rossi was impressed by the paddock's status, the dexterity of the youngest Drivers and had fun telling interesting anecdotes from a bygone era.

Why did you insist on coming to Lonato?

Karting has always been in my blood. For me, it has been a part of my life, but a very important part. Feeling the atmosphere, the noise, the smells, is always a pleasure. The history of Karting continues season after season and I am pleased to continue to participate by coming to Lonato. I live in the southern part of Switzerland, where we speak Italian. The circuit is not far from my home.

Remind us about your career?

I started karting at age 22, much later than today's kids who start much earlier. My ascent to the top level was quite fast, I became World Champion in 1967 and I hung up my helmet aged 28. Then I organised Competitions, before accompanying my son for a few years. He won the Swiss Championship in 1981.

Have you tried cars?

No. In my day, we did not necessarily do Karting to then move to cars. In addition, I could not afford it!

What do you think of the historicevents that have increased in recent years?

It's a very good idea. It enables a more accurate idea of ​​the equipment that existed during the early decades of Karting. I understand that some Drivers who drove in the 60s or 70s still participate in these events, which is great! I myself was at such a meeting at Lonato a few years ago, which is an excellent memory.

Who were your most serious opponents?

The toughest was certainly the Belgian François Goldstein. I understand why he has five World Champion titles to his name. At the end of the 1960s, it was also Guido Sala, the winner in 1964 and 1965, and Giulio Pernigotti. Suzanna Raganelli was also very fast. I raced in 1966 in Copenhagen, Denmark, when she won the crown.

Tell us about your World Championship in 1967 ...

The first two competitions at Vevey in Switzerland and Düsseldorf in Germany went very well. But there were still five Drivers aiming for the title when arriving at Monaco. Firstly my mechanic sabotaged my carburettor, because his brother was running in the Italian team! I had to go through the Repechage. Quickly, in the pack, I realised that many Drivers wanted me out so an Italian Driver could win. I had the idea of changing my racesuit so as to go unnoticed. I removed the Swiss team suit which was white, to wear a blue outfit from my club! I finally got back in to the top 10 and won the title. But it was very tight, I was only a few points ahead of Goldstein, Pernigotti and Raganelli. When I crossed the finish line, I did not know if I was World Champion or not!

What equipment did you have?

A Birel chassis with a Parilla engine. This type of 100cc kart was already very powerful. I remember I used great tyre that came from the United States, much more soft and effective than the tyres of the time.

Today, do you still know people in the paddock, and what impressed you the most?

In Lonato, I did not meet people I knew, with very few exceptions. At Birel for example, I knew Oscar Sala. Now, it is his son Ronni Sala who manages this brand that I raced with. Concerning the paddock, I was especially impressed by all these big awnings used by the teams. As for karts, they have changed a lot visually with their bodywork. I admit that I really liked the FIA Karting Academy Trophy races. Seeing the speed and fighting spirit of these young people, aged 12 to 15 years, is really encouraging.

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Edgardo Rossi - “À l’arrivée, je ne savais pas que j’étais Champion du Monde !”

Le Kart Grand Prix d’Italie à Lonato, terre d’accueil du final du Championnat d’Europe FIA Karting - KZ / KZ2, ainsi que de la deuxième des trois Compétitions du Trophée Académie FIA Karting, a eu l’immense honneur de recevoir la visite d’Edgardo Rossi. Durant plusieurs années, le pilote suisse a écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du Karting. Il a atteint les sommets en devenant Champion du Monde en 1967 à une époque où le titre se jouait sur trois meetings. À Lonato, Edgardo Rossi a été impressionné par le standing du paddock, la dextérité des plus jeunes pilotes et s’est amusé à conter quelques anecdotes savoureuses d’un temps aujourd’hui révolu…

Pourquoi avez-vous tenu à venir à Lonato?

Le Karting a toujours coulé dans mon sang. Pour moi, cela a représenté une certaine partie de ma vie, mais une partie très importante. Ressentir l’atmosphère, le bruit, les odeurs, c’est toujours un plaisir. L’histoire du Karting se perpétue saison après saison et ça me fait plaisir de continuer à y participer par cette présence à Lonato. J’habite dans la partie sud de la Suisse, là où on parle italien. Le circuit n’est pas très éloigné de mon domicile.

Rappelez-nous les grandes lignes de votre carrière?

J’ai commencé le karting à 22 ans, bien plus tard que les jeunes d’aujourd’hui qui débutent beaucoup plus tôt. Mon ascension au plus haut niveau a été assez rapide, je suis devenu Champion du Monde en 1967 et j’ai raccroché le casque à l’âge de 28 ans. Ensuite, j’ai organisé des Compétitions, avant de suivre mon fils durant quelques années. Il a gagné le Championnat de Suisse en 1981.

Avez-vous essayé la monoplace?

Non. À mon époque, on ne faisait pas forcément du Karting pour passer ensuite à l’automobile. En plus, je n’en avais pas les moyens !

Que pensez-vous des rassemblements historiques qui se sont multipliés ces dernières années?

C’est une très bonne idée. Cela permet d’avoir une idée plus précise du matériel qui a existé durant les premières décennies du Karting. Je crois savoir que certains pilotes qui ont roulé dans les années 60 ou 70 participent encore à ces événements, c’est formidable ! J’étais moi-même présent sur un tel rassemblement à Lonato il y a quelques années, j’en garde un excellent souvenir.

Quels ont été vos plus sérieux adversaires?

Le plus coriace était assurément le Belge François Goldstein. Je comprends pourquoi il compte cinq titres de Champion du Monde à son palmarès. À la fin des années 60, il fallait aussi compter sur Guido Sala, sacré en 1964 et 1965, ou Giulio Pernigotti. Suzanna Raganelli était également très rapide. Je courais en 1966 à Copenhague, au Danemark, lorsqu’elle a coiffé la couronne.

Racontez-nous votre Championnat du Monde en 1967…

Les deux premières Compétitions à Vevey en Suisse et à Düsseldorf en Allemagne s’étaient très bien déroulées. Mais nous étions encore cinq pilotes à viser le titre en arrivant sur le port de Monaco. C’est d’abord mon mécanicien qui a déréglé mon carburateur, car son frère courait dans l’équipe d’Italie ! J’ai dû passer par le repêchage. Rapidement, dans le peloton, je me suis aperçu que beaucoup de pilotes voulaient me sortir afin de faire gagner un pilote italien. J’ai eu l’idée de changer de combinaison pour passer inaperçu. J’ai retiré celle de l’équipe de Suisse qui était blanche, pour porter une tenue toute bleue venant de mon club ! J’ai finalement pu remonter dans le top-10 et remporter le titre. Mais cela fut très serré, je n’avais que quelques points d’avance sur Goldstein, Pernigotti et Raganelli. En coupant la ligne d’arrivée, je ne savais pas si j’étais ou non Champion du Monde !

De quel matériel disposiez-vous?

D’un châssis Birel avec un moteur Parilla. Ce type de kart 100cc était déjà performant. Je me souviens que j’utilisais des excellents pneus qui venaient des États-Unis, bien plus tendres et efficaces que les gommes de l’époque.

Aujourd’hui, connaissez-vous encore du monde dans le paddock, et qu’est-ce qui vous a le plus impressionné?

À Lonato, je n’ai pas croisé de visages connus, à de très rares exceptions près. Chez Birel par exemple, je connaissais Oscar Sala. Désormais, c’est son fils Ronni Sala qui gère cette marque avec laquelle j’ai roulé. Concernant le paddock, j’ai surtout été impressionné par toutes ces grandes structures utilisées par les teams. Quant aux karts, ils ont beaucoup changé sur le plan visuel avec leurs carrosseries tout autour du châssis. J’avoue que j’ai beaucoup aimé les courses du Trophée Académie FIA Karting. Voir la rapidité et la combativité de ces jeunes de 12 à 15 ans est vraiment réjouissant.

© Photo CIK-FIA KSP